Quelques extraits

J'écris en prose poétique...                     

 

Dans " Et pourquoi pas Narbonne?":

 

Dilution

On ne peut pas dire que j’aime le pastis, pourtant je
Serais presque en voie de l’adorer.
Certainement pas les premières gorgées, pour moi
Trop saturées d’alcool, mais la suite…
Une fois la bouche fortement imprégnée quand je
Rajoute, verre après verre, de l’eau glacée servie
Dans une carafe jaune marquée « Ricard ».
Des papilles agacées d’anis naît une impression
D’en dessous de zéro, l’eau glacée se transmutant
En glace chargée diablement et irrémédiablement
En fenouil.
Celui des garrigues d’ici savouré aux terrasses de
Bars à platanes.
L’amour de l’ombre et du froid surgi d’un soleil à
Fondre l’asphalte.
Refuge frais de l’homme du midi.
Havre où l’on reste encore un peu car l’ivresse sait
Encore nous y retenir un moment comme une
Sirène embrumant notre esprit.

 

 

 

Un extrait de "D'Elles":

 

Femmes


Les femmes-éoliennes au soleil
Déploient comme autant de flambeaux
Leurs chevelures et bannières.

Sur les flots, les femmes-marines
Voient perler à fleur de duvet
Les embruns salés de la vie.

Derrière les fards chimiques de l'industrie
Mortelle,
Les femmes-vitrines cachent leur pâle
Visage
Dans les villes embrumées.

Et les femmes de bois desséché
Au désespoir parcheminé
Hantent les longues nuits des Maisons de la
Fin...

 

 

 

 

Un extrait de " La vie en rouge":

 

Bretonne


Le rire est la peau de la douleur...

Mais le rire est aussi la peau de la pudeur, qui se plisse
Et se crispe en une vague rose.
Voilage que voilà qui voile et se dévoile, en montrant un
Chemin interdit.
La crispation des lèvres est un indice sûr, et si les
Commissures en pointant vers le Nord, tentent
Ingénument que j'en oublie le Sud - le Sud de sa
Blondeur – ce "non" vaut bien un "oui".

Et tel un vieux bouquin, j'imagine effeuiller les tissus, u
à un, qui couvrent son corps sage, puis feuilleter les
Pages de tout son paysage.

 

 

 

 

Un extrait de " Lagunes " :

 

Genêt

Genêt salivaire
Dans le rude été.

Ton écume blanche
Naît sous le soleil.

Tu me fais barrage
A flanc de colline.

Machinalement,
Hagard, fatigué,
J’écrase une de tes gousses noires
Qui se répandra
Dans tout le pays…

 

 

 

 

Un extrait de " Le ciel qui me voit vivre":

 

Leucate zen


La nuit dans le matin,
Barre rouge sur l’horizon marin
Ma voiture avance
Tressaillant dans le noir.

Des cendres planent
S’écartent et se rejoignent :
Goélands pâles de l’aube.

Puis le ciel s’ouvre, rose
Autour d’une nacre claire.

 

 

 

 

 

Un extrait de " Chemin de vie " :

 

L'accent

 

J’ai un accent chantant,
Voguant sur les étangs,
Le thym et la lavande.


C’est un accent dansant
Des danses inconnues,
Venues de tous les points
De la Rose des Vents.


Rafraîchi par l’air pur
Des prairies de l’enfance
Puis réchauffé au feu
Du soleil du Midi.


Faux accent de Provence,
Accent du Languedoc
Aux effluves marins
De ma mère adorée
Et tenant de mon père
Les sons plus affirmés
Des vignes de l’Hérault.


De l’air dans les lauriers,
Embaumant le cyprès,
Le garum des Romains,
Mais aussi la jonquille
Des prés noyés d’eau vive…


Il vit là cet accent
Que modulent les vents
Et l’air calme des jours ;
Si souriant au-dehors
Et si triste au-dedans…


Un rayon de soleil
Ranime sa brillance
Et sa vivacité embarque à nouveau
Sur le dos de sa mer : la Méditerranée
En un flot de paroles
Et toutes voiles dehors !

 

 

 

 

 

Un extrait de " Aurores du Sud ":

 

Anubis

 

Les Terres Etranges du Souvenir :
Ma mère me parle
Des flamants du Zoo de Clères
Que j’avais vus
Enfant…


Les flamants roses
Sur les étangs salés d’Occitanie
Accompagnent ma vie :
Carnon, Palavas,
Le Grau-du-Roi.


…Les flamants roses
Sur les étangs bleus d’Occitanie :
Gruissan, Bages d’Aude,
Port-la-Nouvelle.


Les flamants roses
A l’Aurore Extrême,
S’envoleront
Pour me guider,
Face au soleil couchant…

 

 

 

 

 

Un extrait de " Socius " :

 

Bord de Plage


Blandices
Réglisse
De la belle du Sénégal,
Aux fesses nues
De sable
Panées,
Glissant ses orteils
Légèrement calleux
Dans l’écume tiède
De Méditerranée
 





Un extrait de " A vive-vie! "
 
A vive-vie
 
A vive-vie
Saisir la vie.
Quand, rouges et vertes,
Sous avril
Les feuilles poussent
En direction du mois de mai.







Un extrait de " Ici, en Eurasie "


 A chacun, à toi et à moi…

 


Joan-Jaume,
Notre vie nous sera arrachée.
Il est dur de s’aimer
Pour, un jour, se quitter.


Qu’est-ce qu’une déception
Dans ton rêve d’Asie ?
Réalise, Joan-Jaume,
Qu’ici en Eurasie
Tu goûtes à des joies
Sensuelles et belles.


Oublie donc un instant
Le Néant qui t’attend
Et avec les mortels
Savoure les moments !

 

 

 

 

 

 

 

Un extrait de " En homme libre"

 

Rentrée

 


L’étang s’est fait
Miroir,
Docile au paysage,
L’accueillant sans un bruit
Et sans un mouvement.


Ma montre arrêtée
N’a pas pris
Le chemin,
Sachant mon embarras
De reprendre la route…

 

 

 

 

 

 

 Un extrait de " Face à l’Éternité "

 

 

Brûlure

 


Sous le soleil ardent,
La saleté moderne
De bord de route :
Coquelicots défraîchis
Aux marges blanches,
Herbes séchées,
Poussière.

 

 

 

 Un extrait de " Pur Sud " 

Le chemin-rue


C’est un chemin-rue,
Oublié du Faubourg,
Où se rencontrent les Saisons et les Âges :
Oranges de l’Hiver
Et fleurs de Printemps
Piquetant les ramures diverses.


Un chemin-rue
Qui verdoie
D’acanthes romaines encore en ordre de bataille
Et de belles-de-nuits à venir
Rassemblées et serrées.

 

 

 

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